DREYF

Alors qui est Dreyf ? Quel est son parcours ?

Dreyf c’est un mec parmi tant d’autres qui se plait à faire de la musique. Premier projet solo dans les bacs depuis peu, un EP 7 titres intitulé « Son d’Automne ». Avant ça, une expérience collective qui a duré à peu prêt deux ans et demi, avec son lot de mixtapes et de compilations. Viny, présent sur le EP (le morceau Sous Le Chemin D’l’école), en faisait parti. Un parcours artistique somme toute assez classique mais qui n’en est pas moins essentiel pour savoir de quoi on parle et à quoi on a affaire quand on commence a sortir ses propres trucs.

Que t’inspires la scène rap actuellement entre d’un côté le rap hardcore et et de l’autre la mouvance plus spé ?

La « scène » ne m’inspire pas grand-chose, je ne la calcul pas et j’ai ni l’impression, ni l’envie d’en faire parti. Je connais et apprécie certains de ses dits « acteurs » mais pour moi c’est avant tout des mecs et des nanas que j’apprécie humainement, ça va au delà de leur statut de MC, DJ, producteurs, etc. Concernant les différents courants, aucun ne me pose particulièrement problème, ce qui me plait c’est de sentir une personnalité derrière un artiste, une plume et un style personnel. Chacun des différents courants comporte son lot de déchets mais aussi d’artistes digne de ce nom, faut savoir faire le tri. Ou tout simplement écouter ce qu’on aime et zapper le reste.

Quelles sont les artistes avec lesquels tu te sens proche tant au niveau artistique que dans l’écriture ?

Un mec comme Flynt adopte une démarche que je trouve classe. En fait je me sens proche des mecs qui vivent leur truc avec passion, en faisant le moins de chichi possible, et je retrouve ça chez ce dernier. Là tout de suite, Less Du Neuf me vient à l’esprit également. La Fouine… Y’en a d’autres…. Dans l’écriture, je ne sais pas trop pour être franc, je n’arrive pas à définir ce que je fais et donc à comparer. Mais bon, je pense faire ma sauce et j’imagine que je me sens proche de ceux qui font pareil.

Le premier but du rap était d’extérioriser et d’exprimer un mal être en bref de dénoncé ? Avec une vague liée au « rap de club », « au rap variété » penses tu que l’on a vécu une mutation de cette musique ?

Pas vraiment… J’écoute du Rap depuis assez jeune de par mes cousins plus âgés et je me dis que y’a toujours eu en parallèle au côté « revendication » un aspect plus festif à cette musique. C’est deux facette du Rap qui je pense ont toujours existé, et se sont davantage affirmés et donc dissociés avec les années.

Quel est l’importance de la scène, pour toi, mc ?

Malgré que j’en fasse peu, je trouve ça primordial pour n’importe quel rappeur/chanteur/musicien. Si j’en fais peu c’est pas par choix mais par la force des choses : je ne vis pas du Rap et j’ai des priorités qui ne me permettent pas d’écumer les scènes aux quatre coins de la France. Mais clairement, l’énergie d’un live, le contact avec les gens… c’est des choses qu’on ne retrouve pas dans une cabine d’enregistrement. Puis bon, c’est le meilleur moyen de savoir si ton son parle aux gens ou pas.

« Sons d’automne » est un titre qui inspire beaucoup la mélancolie, dans quel état et en combien de temps as-tu écrit ce ep ?

Le processus s’est étalé sur environs un an et demi. Autant dire un sacré bout de temps pour un sept titres, mais j’ai préféré prendre mon temps. Et d’ailleurs si c’était à refaire, j’en aurais pris davantage mais bon, faut bien se lancer un moment ou un autre car on est jamais vraiment « prêt » ni satisfait, y’a toujours un truc à perfectionner, à peaufiner, mais a vouloir trop en faire ça peut au final sonner artificiel… Moi j’ai décidé de sortir mon disque une fois que j’ai senti qu’il avait une âme. C’est à ce moment là que je me suis dis : « c’est bon, je peux avancer à l’étape suivante ». L’état d’esprit sinon était similaire à celui que j’ai aujourd’hui, avec moins de recul peut être.

Qu’est ce qui te touches ? T’inspires ?

Tout ce que je peux voir, vivre et ressentir. Un rien peut m’inspirer et me donner envi d’écrire un texte, ça se fait souvent sur l’impulsion chez moi.

Malgré des productions mélodieuses on ressent une très grande prédominance du texte ? c’est essentiel pour toi ?

Ouai ça l’est, dans la mesure où si je n’écris pas un texte qui me satisfait, je vais pas kiffer le rapper. Mais ça veut pas dire que j’oublie que le Rap reste une musique, et plus j’avance, plus j’essaie de faire en sorte d’allier flow et texte le mieux possible et pas opter pour seulement le fond, ou la forme.

Que t’on apportées tes expériences collectives ?

L’envie de faire toujours du mieux possible pour pas sembler ridicule à côté de mes potes, de la saine compétition quoi… Et une certaine rigueur dans le taff aussi. Quand t’es au sein d’un collectif, tu peux pas te permettre de freiner les gens par fainéantise ou je ne sais quoi. Si tout le monde est motivé pour faire quelque chose, tu te dois de faire l’effort d’assurer.

Que t’apportes le fait de travailler avec plusieurs producteurs différents et présentent les nous Brièvement ?

Ca m’apporte beaucoup déjà humainement mais aussi musicalement. Chacun a sa vision de la musique, une manière de travailler et ça a été super enrichissant pour moi de les fréquenter. J’ai beaucoup évolué dans ma façon de concevoir « le flow » en travaillant avec Lartizan pour le morceau Quand J’M’évade par exemple. Le beat à CHI pour Les Gens m’a donné envi de faire un peu plus dynamique. Chacun de ces quatre concepteurs m’a fait évoluer en terme d’artistique.

Pour les présenter, il y’a donc Defré Baccara, K-Tharsis, CHI et Lartizan (accompagné du percussionniste/claviériste Jahno et de DJ Metodh).

Defré Baccara faisait parti du groupe Cinquième Kolonne avec qui il a signé deux albums si je dis pas de conneries. Plus récemment il signe trois sons sur l’album d’Eska Crew. Il est de Saint-Étienne et il boucle actuellement son album instrumental.

K-Tharsis a fait une prod sur une des compiles Maximum Boycott et c’est un des premiers mecs qui me faisait des sons à mes débuts. Il a fait un album remix de Jay-Z qui a eu un gros succès d’estime notamment aux Etats-Unis, certains journalistes de leur presse spé là bas en ont parlé très favorablement, un truc de fou. Il a mi en place un site avec l’album en libre téléchargement, à cette adresse : http://13problems.free.fr/

CHI a fait du son pour Nakk, Kohndo, Keny Arkana, Rachid Wallas, et il a sorti une mixtape récemment sous son tout nouveau label avec des inédits de rappeurs américains et le truc est animé par Maino et Tru Life de New York.

Lartizan a bossé également avec Rachid Wallas, mais aussi Omaz, Sept, Soklak et j’en passe. Il est également l’instigateur des trois compilations Bootleg Remixes.

Quatre mecs super actifs et passionnés qui font plein de trucs tout le temps, impossible de les présenter en deux mots. Ah, et d’ailleurs, leur collaboration commune a plus ou moins donné naissance au pool de producteurs Sleepin’ Cell qu’ils forment avec deux trois autres mecs. Je suis un peu leur première carte de visite en tant que collectif…

De quelle manière travailles tu ?(tu écris par rapport a l’instru, ou inversement)

Ca dépend de la situation, j’ai pas vraiment de règles.

Quel son tes projet ?

e projet le plus proche c’est un maxi vinyle 2 titres, produit par K-Tharsis. Ca devrait voir le jour très bientôt et ce sera complètement différent du EP.

Pour le reste, c’est un peu tôt pour en parler.

Un dernier mot pour PHH ?

Merci d’avoir mi en place cette interview et continuez le bon boulot !

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